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màj : 08/11/99


Asthme Infos
Association Asthme  Journal Asthme Infos courant = 1999 ?
Programme National de Recherche et d'Education

Journal de l'Association Asthme
N° 27 (octobre 1997)
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Traduction (partielle) en : | Anglais/English |  :-)

L'asthme et la femme

L’asthme chez la femme est-il si différent qu’il mérite un quelconque intérêt ? Assurément ! Lors des consultations, les questions sont nombreuses à ce sujet. Les données épidémiologiques et les constatations cliniques sont claires : à partir de la puberté l’asthme devient plus fréquent chez la femme que chez l’homme; par ailleurs l’influence hormonale (grossesse, période prémenstruelle, ménopause) est évidente.

Dans ce numéro, nous allons essayer de répondre à ces questions qui viennent spontanément à l’esprit et peut-être en susciter de nouvelles. Cependant, il faut savoir que les connaissances scientifiques sont encore parcellaires et les applications thérapeutiques bien insuffisantes.

Sommaire (cliquez sur la portion soulignée):


ll y a globalement autant d'hommes asthmatiques que de femmes asthmatiques.

Cependant, les facteurs qui influencent les variations de la maladie peuvent être différents. C'est ainsi que les variations hormonales auxquelles la femme est soumise tout au long de sa vie peuvent agir de façon importante sur le cours de la maladie respiratoire.

La puberté, le cycle menstruel, la grossesse, la ménopause sont des périodes durant lesquelles on observe souvent une modification de la réactivité des branches de la femme asthmatique.

Pour cette dernière, l'influence de ces variations hormonales sur la maladie respiratoire a un caractère imprévisible, qu'il s'agisse de leur ampleur ou même de leur nature positive ou négative. Ce qui n'est pas sans susciter de nombreuses angoisses et autant d'interrogations.

Ce numéro d'Asthme Infos tente de répondre à ces très nombreuses questions que se pose la femme asthmatique tout au long de sa vie.

Dans l'état actuel de nos connaissances, le mécanisme de ces réactions n'est pas connu de façon précise; cependant ces constatations permettent de prévoir une surveillance accrue de la maladie respiratoire et de prévenir ainsi des épisodes d'aggravation qui pourraient nuire à la qualité de vie de la femme asthmatique.

Dr Anne Prud'homme


Les intérêts du traitement hormonal de la ménopause

Même s’il semble avoir des effets plutôt négatifs sur l’asthme,
le traitement hormonal de la ménopause présente bien d’autres avantages.

Les hormones sécrétées par les ovaires, notamment les estrogènes, jouent de multiples rôles bien au-delà de leurs fonctions sexuelles. Elles contribuent notamment à la solidité du squelette et à la protection du cœur. Aussi, jusqu’à la cinquantaine, l’infarctus du myocarde est-il le privilège du " sexe fort ".

Mais quand, à la ménopause, les sécrétions ovariennes se tarissent, les femmes perdent les bénéfices liés aux estrogènes et voient leur risque cardio-vasculaire rattraper peu à peu celui de leurs congénères masculins et, surtout, l’ostéoporose fragiliser leur squelette d’année en année. La principale conséquence en est un risque important de fractures, pouvant être provoquées par des traumatismes minimes : fracture du col du fémur ou de l’avant-bras après une simple chute, et tassements vertébraux parfois même sans traumatisme.

Le traitement hormonal substitutif (THS) de la ménopause qui, comme son nom l’indique, remplace les hormones que les ovaires ne produisent plus, diminue fortement ce risque de fractures ainsi que celui d’infarctus. En outre, les estrogènes sont connus pour leur effet bénéfique sur l’humeur et les capacités cognitives (mémoire, faculté d’apprentissage). Les femmes ménopausées sont particulièrement sensibles à ces effets, qui suffisent souvent à motiver leur demande de THS.

Dr B. Boniface


L’histoire de la maladie aux différentes étapes de la vie

Pendant l’enfance
L’asthme touche 6 à 8 % des enfants et, dans une plus grande proportion, des garçons. Plusieurs raisons ont été avancées pour expliquer cette différence comme le fait que le calibre des bronches est plus petit chez le garçon ; il pourrait aussi s’agir d’une illustration du syndrome de Yentl (lire encadré page 3). Toutefois, lorsque l’on provoque volontairement une crise d’asthme en exposant des enfants aux allergènes de l’environnement, la crise s’avère plus importante chez les filles.

L’asthme est donc un peu plus fréquent chez le garçon, mais les filles pourraient être plus sensibles, en particulier aux allergènes.

La croissance de l’enfant asthmatique constitue souvent un sujet d’inquiétude pour les parents et pour le médecin. Il est vrai qu’un asthme sévère et mal contrôlé peut être responsable d’un retard de croissance. De même, les corticoïdes par voie générale qui ont pu être utilisés à fortes doses et sur de longues périodes ont pu être responsables de retards de croissance. Or, de nos jours, les corticoïdes inhalés permettent de contrôler les symptômes d’un grand nombre d’asthmes sévères et, s’ils sont bien et régulièrement utilisés, ils évitent le recours aux corticoïdes par voie générale. Pour des posologies inférieures à 600 mg par jour, les corticoïdes inhalés ne semblent pas avoir d’effet sur la croissance.

Il faut toutefois préciser que ces éventuels retards de croissance sont de l’ordre du centimètre ; une perte de 1 cm sur la taille définitive paraît bien négligeable comparée aux conséquences d’un asthme sévère mal contrôlé.

Au moment de la puberté
Il est classique mais probablement faux de dire que l’asthme guérit à la puberté. Cette notion n’a aucun fondement scientifique, épidémiologique ou clinique. Il est de ce fait toujours dommageable de ne pas traiter l’asthme de l’enfant sous prétexte qu’il a une " chance " de guérir à la puberté.

En revanche, c’est à partir de l’adolescence que l’asthme devient plus fréquent chez la femme que chez l’homme.

A l’âge adulte
Deux épisodes de la vie de la femme adulte ont une influence particulière sur l’asthme, il s’agit de la période prémenstruelle et de la grossesse.

Asthme prémenstruel
Certaines études, déjà anciennes, tendaient à montrer qu’il existait une recrudescence des symptômes au moment de la période prémenstruelle chez 40 % des femmes asthmatiques. Mais l’expérience clinique n’a pas permis de confirmer de telles observations. Chaque femme peut toutefois vérifier l’évolution de son asthme en mesurant son débit expiratoire de pointe pendant trois cycles. Il lui sera alors facile de vérifier sur son " journal de bord " si des exacerbations coïncident avec la période prémenstruelle.

Quoi qu’il en soit, il est vrai que les quelques jours qui précèdent les règles sont une période à risque d’admission aux urgences pour les femmes asthmatiques, des séjours en réanimation ont aussi été observés de façon exceptionnelle pendant ces jours.

Les contraceptifs hormonaux sont largement utilisés chez les femmes asthmatiques. Une (seule !) étude a montré que ces traitements améliorent l’hyperréactivité bronchique. Mais, en pratique, il est rare que les femmes constatent une amélioration de leur asthme lorsqu’elles sont " sous pilule ". Plusieurs études tendraient à montrer que des médicaments qui bloquent les sécrétions hormonales ovariennes (induisant une sorte de ménopause chimique) auraient une efficacité sur l’asthme. Des travaux complémentaires sont encore nécessaires avant de s’engager dans cette voie qui ne pourrait probablement concerner que des cas extrêmes.

Asthme et grossesse
Durant cette période, le traitement de l’asthme doit être optimal ; un asthme sévère ou grave peut avoir des conséquences importantes pour le fœtus. Il n’y a par ailleurs aucune raison de supprimer un médicament anti-asthmatique pendant la grossesse. Les broncho-dilatateurs et la théophylline peuvent être utilisés sans restriction, de même que les corticoïdes par voie générale ou inhalée. Il faut savoir que la corticothérapie par voie générale n’est pas responsable d’une diminution de la croissance intra-utérine. La seule réserve concerne les broncho-dilatateurs de longue durée d’action pour lesquels il n’existe pas un recul suffisant, il est donc conseillé de ne pas les utiliser pendant la grossesse.

Lorsqu’arrive la ménopause Journal Asthme Infos courant = 1999 ?
Au moment de la ménopause, il existe un deuxième pic de fréquence de l’asthme qui est mis en évidence tant par les études épidémiologiques que par les constatations cliniques.

Un travail publié en octobre 1995 a cherché à évaluer les effets du traitement hormonal substitutif de la ménopause sur l’asthme. Pour cela, un groupe de femmes âgées de 34 à 68 ans a été suivi pendant 10 ans. Il est apparu que le risque relatif d’asthme est plus faible chez les femmes ménopausées que chez les femmes non ménopausées. En revanche, le risque devient plus important si la femme ménopausée prend un traitement hormonal substitutif, surtout si le traitement dure longtemps (plus de 10 ans).

Cet éventuel effet défavorable du traitement hormonal substitutif sur l’asthme ne doit toutefois pas faire oublier ses effets bénéfiques, en particulier sur l’ostéoporose (lire encadré page 1).

L’influence des hormones
Les données épidémiologiques et cliniques suggèrent fortement que les hormones stéroïdiennes, en particulier les estrogènes et la progestérone, ont une influence sur le mécanisme de l’asthme chez la femme. Ces hormones agissent sur le muscle lisse. On sait aussi que la progestérone agit sur le système immunitaire et des travaux sont en cours pour mieux connaître ses effets sur l’allergie. Enfin, la progestérone pourrait modifier la sensibilité de l’organisme aux traitements par les corticoïdes. Là encore, de nombreux chercheurs se penchent attentivement sur cet effet dont les applications pratiques pourraient être importantes mais demeurent encore floues.

En conclusion
L’asthme, d’une façon générale, reste encore bien mystérieux, même si des progrès significatifs et parfois décisifs ont été réalisés au cours des dernières décennies. Chez la femme, les particularités de la vie hormonale semblent fournir des pistes intéressantes, mais il reste encore beaucoup à découvrir.

Pr Ph. Godard


Conseils pratiques de prévention pendant la grossesse et juste après la naissance

Le Dr Jill Warner est allergologue et immunologiste à l’université de Southampton en Angleterre. Elle mène d’importantes études concernant notamment l’asthme chez les femmes enceintes et les très jeunes enfants. Elle nous livre ici quelques conseils fondamentaux de prévention.

Asthme Infos : Quels conseils donnez-vous à une femme enceinte qui a des antécédents personnels ou familiaux d’asthme afin de prévenir l’apparition d’un asthme chez l’enfant à naître?
Dr Jill Warner : Le conseil le plus important pour toute femme enceinte et plus particulièrement en cas d’antécédent familial ou personnel d’asthme est de ne pas fumer pendant la grossesse. Le tabagisme de la mère pendant la grossesse augmente en effet les risques pour l’enfant de naître avec un taux élevé d’anticorps allergiques qui le rendront plus susceptible de développer des maladies allergiques, notamment un asthme au cours de sa vie. Le deuxième conseil est de commencer le plus tôt possible à réduire la présence d’allergènes dans la maison, notamment les acariens et les allergènes liés aux animaux domestiques, ceux de chat en premier lieu. L’exposition à des taux élevés d’allergènes pendant les trois premiers mois de la vie augmente en effet les risques pour l’enfant de devenir allergique à ces mêmes allergènes.

Les allergènes du chat posent un problème particulier car ils mettent longtemps à disparaître de la maison après le départ du chat. Aussi, une femme asthmatique ou avec des antécédents familiaux d’asthme doit se débarrasser de son chat dès qu’elle se sait enceinte, pour laisser au taux d’allergènes présent dans la maison le temps de diminuer avant la naissance de l’enfant. Une fois le chat parti, un nettoyage en profondeur de la maison peut encore contribuer à diminuer le taux d’allergènes : aspirateur et nettoyage à la vapeur pour tous les tapis, lavage de tous les tissus d’ameublement qui ont été en contact avec le chat.

Nous disposons d’arguments permettant de dire que, même pendant la grossesse, l’enfant peut réagir aux allergènes. Ce qui devrait encourager les femmes enceintes à réduire l’exposition aux allergènes dès le début de leur grossesse. Cela fait encore l’objet de recherches, et dans les douze mois à venir on devrait avoir des informations plus précises.

AI : Quels conseils donnez-vous vis-à-vis de l’allaitement ?
Dr J. Warner : Il est prouvé que si une mère évite les aliments allergisants pendant l’allaitement, notamment le lait, les œufs, les poissons et les noix, qui sont les allergisants les plus puissants, elle retardera l’apparition de manifestations allergiques chez son enfant. Mais cela ne suffira hélas pas à l’empêcher. Le conseil que nous donnons est d’avoir une alimentation relativement normale pendant l’allaitement, et de ne pas consommer de grandes quantités d’un aliment ou d’un autre. Les mères pensent souvent que, quand elles allaitent, elles devraient boire elles-mêmes de grandes quantités de lait. Nous le leur déconseillons fortement.

AI : Peut-on prévoir les risques pour l’enfant de développer ou non une allergie, voire un asthme ? Quels conseils formulez-vous vis-à-vis du nouveau-né ?
Dr J. Warner : C’est dans les premiers mois de la vie qu’il est le plus important d’éviter les allergènes inhalés. De nombreuses études ont montré que l’exposition d’un nouveau-né à de forts taux d’allergènes liés aux acariens ou aux animaux domestiques augmente fortement le risque pour l’enfant de développer ultérieurement une allergie.

Nous menons une étude prospective sur les familles d’asthmatiques. Parmi les enfants qui ont été en contact avec un chat dans les premiers mois de la vie, 40 % ont présenté des tests positifs aux allergènes de chat avant l’âge de deux ans, contre seulement 2 % dans les familles sans chat.

D’autres équipes ont montré très clairement que des taux élevés d’allergènes d’acariens sont corrélés au risque d’allergie aux acariens pour les enfants. Et en cas d’asthme, l’apparition de ce dernier est d’autant plus précoce que la concentration d’allergène est élevée.

Créer un environnement peu allergisant à la maison avant que le bébé ne revienne de la maternité est donc extrêmement important dans les familles d’allergiques ou d’asthmatiques.

Propos recueillis par le Dr B. Boniface


Activités quotidiennes, les femmes sont souvent plus exposées

De par ses activités ménagères, la femme peut se trouver en contact avec de nombreux polluants qui peuvent la gêner dans sa vie quotidienne si elle est asthmatique. Un certain nombre de précautions peuvent éviter bien des soucis.

Dans la cuisine :

Dans la salle de bains :

Dans le séjour :

Dans la chambre :

Dr P. Rufin


L’allergie au préservatif

La sensibilisation au latex, caoutchouc naturel, est beaucoup plus fréquente qu’on ne le pense. Il ne s’agit pas d’une sensibilisation vis-à-vis du caoutchouc lui-même, mais vis-à-vis des protéines qui "contaminent" les objets fabriqués en caoutchouc naturel comme dans le cas des préservatifs. Fort heureusement, la quantité de protéines contaminant les préservatifs est beaucoup plus faible que celle qui est présente dans d’autres matériels en caoutchouc naturel. Toutefois, certaines personnes extrêmement allergiques au caoutchouc naturel peuvent avoir des manifestations au contact du préservatif. Ces manifestations peuvent être une simple démangeaison des organes génitaux mais également un œdème important à leur niveau, voire même, de façon rarissisme mais possible, des manifestations générales: urticaire généralisée, baisse de tension, etc.

Il n’existe pas à l’heure actuelle, en France, de préservatif fabriqué avec une autre matière que le caoutchouc naturel qui reste irremplaçable pour sa résistance, son élasticité et son imperméabilité aux particules virales. Toutefois, il est actuellement possible de se procurer des préservatifs " hypo-allergéniques ". Ces préservatifs ont été fabriqués de telle sorte que la contamination en protéines allergisantes est extrêmement faible voire quasiment nulle. Des tests ont ainsi été réalisés avec le préservatif Crystal* de la marque Manix(r). Ces préservatifs sont vendus exclusivement en pharmacie. Ils sont intéressants pour les personnes ayant des allergies au latex, mais on ne peut toutefois pas dire qu’ils sont à 100 % exempts de la capacité de produire une réaction chez un sujet fortement sensibilisé. On peut simplement parler de produit hypo-allergénique. En dehors de cette possibilité il faut signaler la présence d’un préservatif féminin (pouvant être introduit dans le vagin) appelé Femidon** qui n’est pas fabriqué en caoutchouc naturel. Ce produit n’est toutefois pas commercialisé en France et son utilisation semble peu pratique.

Actuellement un préservatif est à l’étude chez Durex : "Avanti" *** en élastomère de synthèse (polyuréthanne), et donc sans latex. Il est testé en Californie par le London International Group et vient d’être commercialisé en Angleterre.

Pr D. Vervloet

* Le préservatif Crystal est un produit des Laboratoires DEGANS S.A. Informations : 9 chaussée Jules-César, BP 247, Osny 95523, Cergy Pontoise Cedex.
** Le Fémidon est fabriqué à Londres. Informations : Femidon Advise Bureau, Chartex International PLC, PO Box 3400 Londres NW 10 7 QW.
*** Informations : London LIG, 35 New Brigde Street, London, EC 4 6 BJ.


Pendant la grossesse l’asthme ne doit pas être un handicap

L’asthme est la maladie respiratoire la plus fréquente de la femme enceinte et concerne 3 à 4 femmes sur 100. Pendant la grossesse, l’asthme peut s’améliorer, se stabiliser ou s’aggraver. Cependant, lorsque l’asthme est sévère, le risque d’aggravation est plus important pendant la grossesse et la surveillance doit être plus rapprochée.

Le mauvais contrôle de l’asthme constitue le facteur essentiel d’une mauvaise évolution de la maladie pendant cette période.

Toutefois actuellement, les soins apportés à la future maman asthmatique et le suivi rigoureux de la grossesse ont considérablement réduit les risques de complications.

Pendant la grossesse, l’asthme doit être traité afin de maintenir une respiration normale chez la mère et d’éviter le manque d’oxygène qui est néfaste au fœtus.

La plupart des médicaments, à l’exception de l’adrénaline et des antihistaminiques, peuvent être prescrits et sont sans toxicité pour le fœtus pendant chacun des trois trimestres de la grossesse.

Les bronchodilatateurs inhalés peuvent être utilisés sans risque et il semble que ceux qui ont une longue durée d’action n’aient pas de toxicité sur le fœtus.

La théophylline est sans danger ainsi que les médicaments tels que le Lomudal(r) et le Tilade(r) (nédocromil sodique).

Les corticoïdes n’ont pas montré de risque accru, qu’ils soient utilisés par voie générale ou inhalés.

L’utilisation des médicaments de l’asthme pendant la grossesse obéit cependant à des règles très précises qui doivent être appliquées en fonction du stade de la maladie, un suivi médical rigoureux est donc impératif. Il est par ailleurs important de bien connaître les facteurs qui déclenchent la maladie afin de les éviter et de diminuer ainsi le besoin en médicaments.

Il est aussi fondamental pour une femme enceinte asthmatique d’arrêter de fumer car le tabagisme est un facteur d’aggravation de l’asthme qui peut se compliquer de bronchites et d’épisodes de sinusites et entraîner un besoin accru en médicaments. De plus, le tabagisme est un facteur de mauvais contrôle de l’asthme pendant la grossesse.

Il est aussi préférable d’éviter de rechercher une allergie par des tests cutanés pendant cette période pour ne pas risquer de provoquer une réaction générale.

Les dosages sanguins, en cas de nécessité, peuvent être utilisés. Il est également recommandé de ne pas modifier les doses d’une désensibilisation si celle-ci a déjà été commencée et de ne pas la débuter pendant cette période.

Le contrôle de la maladie passe par une action conjointe entre la future maman, le médecin obstétricien, le médecin généraliste et le pneumologue.

La future maman doit mesurer régulièrement son débit expiratoire de pointe. Le suivi médical doit être trimestriel chez le pneumologue et mensuel chez le généraliste.
Dr Anne Prud'homme


- Le syndrome de Yentl -

Il est bien connu des pédiatres que l’asthme de l’enfant est une maladie qui touche davantage le garçon. On décompte selon les études 1,5 à 2 garçons asthmatiques pour 1 fille. On expliquait jusqu’alors cette observation par deux phénomènes indépendants. Le premier, qui porte la dénomination barbare de " dysanapsie ", consiste dans le fait bien établi que le calibre des bronches du garçon est plus étroit que celui de la fille. L’évacuation de l’air hors du poumon lors de l’expiration est donc davantage freinée chez le garçon.Deuxième explication : le terrain allergique (appelé encore " atopique") est plus fréquemment observé chez le garçon.Or le risque d’asthme est très lié, notamment chez l’enfant, au terrain allergique.

Outre ces deux explications de nature scientifique, une autre hypothèse, de nature culturelle, peut être avancée. Cette hypothèse, suggérée en 1995 par des chercheurs suisses, est corroborée par des observations réalisées récemment auprès de 3 500 enfants scolarisés âgés de 13 à 14 ans vivant dans le région de Fos l’Etang-de-Berre, à l’ouest de l’agglomération marseillaise.Ces enfants ont répondu en classe à un questionnaire ayant trait aux symptômes d’asthme (sifflements dans la poitrine, toux, oppression) puis ont visionné un film vidéo montrant des jeunes en situation de crise. Cette étude montre clairement que la fréquence des symptômes est très voisine chez les garçons et les filles. Par contre, le diagnostic d’asthme est, à égalité de symptômes, plus souvent porté chez les garçons.Tous se passe comme si les symptômes des garçons étaient pris avec davantage de sérieux par les parents qui amènent plus volontiers l’enfant chez le médecin qui fait alors le diagnostic d’asthme.Il est aussi possible que le médecin lui-même ait tendance à prendre davantage en considération la santé des garçons qu’il examine.

Le manque de considération à l’égard de la santé des femmes est connu depuis 1991 dans la littérature médicale sous le nom de " syndrome de Yentl ", du nom de l’héroïne juive d’une nouvelle d’Isaac Singer qui devait se déguiser en homme pour pouvoir aller étudier les textes saints (le Talmud).

Le fait de ne pas être un homme implique une moindre considération dans les domaines des relations sociales. Dans le domaine des maladies du cœur, deux études américaines montrent qu’à maladie égale les femmes se voient prescrire moins d’examens (par exemple radiographie des coronaires) et moins d’interventions chirurgicales de désobstruction des artères coronaires. De même, les femmes ayant une maladie grave des reins ont deux fois moins de chance de se voir proposer une greffe rénale, à maladie égale, qu’un homme.

Pr D.Charpin


Fiche pratique n° 24
Conseils pratiques pour bien aborder la rentrée scolaire

Votre enfant entre à l’école et vous êtes inquiets...
La première démarche est de rencontrer le directeur de l’école, l’enseignant, le médecin et l’infirmière afin de leur expliquer les problèmes.

 1 S’il tousse la nuit et présente des troubles du sommeil, il est important que les différents acteurs éducatifs soient informés pour comprendre les motifs de sa fatigue ou de ses troubles d’attention.

2 S’il prend des médicaments, vous devez demander de signer le Projet d’Accueil Individualisé (P.A.I.) qui permet, sur prescription écrite de votre médecin,

 

3 Expliquer dès le plus jeune âge à votre enfant qu’il doit parler de son asthme avec les enseignants, avertir un adulte dès qu’il sent venir une crise, ne jamais oublier de prendre son traitement.

4 S’il entre en maternelle, il est important qu’avec le médecin et l’infirmière de l’école vous arriviez à convaincre des mesures suivantes (il n’existe pas de textes réglementaires mais il faut faire appel au bon sens) :

5 A l’école élémentaire :

6 S’il entre au collège, il est capital de rencontrer le médecin, l’infirmière, la conseillère d’orientation, les enseignants et surtout le professeur d’éducation physique et sportive.

Au total, si l’asthme est bien suivi, si un climat de confiance est établi avec tous ceux qui entourent votre enfant, il pourra suivre une scolarité normale, être en forme et heureux à l’école.

Dr M. C. Romano


4es Etats Généraux de l’Asthme en Europe

"Asthmatiques, vivez normalement", tel était le thème des 4es Etats Généraux de l’Asthme qui ont réuni, samedi 14 juin dernier, plus de 1 000 participants, asthmatiques, non asthmatiques, médecins, infirmières, pharmaciens, kinésithérapeutes, enseignants, etc. Tous se sont rassemblés autour d’un même objectif : mieux connaître et maîtriser la maladie pour pouvoir mener une vie aussi proche que possible de la normale.

Autour de ce thème central, les conférenciers ont apporté le point de vue des patients et celui des médecins sur les différences entre qualité de vie, bien-être et santé, la définition de la qualité de vie et les possibilités de l’améliorer quand on est asthmatique.

Il apparaît que, pour la majorité des individus, la qualité de vie aujourd’hui passe par une harmonie dans leur vie, non seulement du point de vue de la santé mais aussi d’un point de vue général : vie personnelle, travail, vie sociale, vécu psychologique. Il s’agit donc d’une notion très globale, tandis que dans les années 70, le concept de qualité de vie était davantage lié à l’idée du bonheur et du mode de vie.

Aujourd’hui, le bien-être et la qualité de vie sont définis comme " l’absence de problèmes majeurs " (être en bonne santé), mais aussi la possibilité – en étant en bonne santé–- de pouvoir réaliser des projets de vie personnelle.

Les aspirations profondes des individus en général et des asthmatiques en particulier les poussent à chercher à réaliser leurs désirs et leurs projets comme par exemple faire du sport ou voyager.

En terme de santé, les patients attendent de leur médecin qu’il ne se préoccupe pas seulement du corps, mais aussi de l’âme et même des aspects socio-économiques liés à leur santé. Par ailleurs, le patient veut être acteur à part entière dans sa maladie : il veut comprendre et agir.

Le concept de qualité de vie n’est donc pas – comme on pourrait être tenté de le croire – simplement une idée à la mode, mais une notion très importante dont il faut tenir compte, particulièrement dans la prise en charge de l’asthme.

Encore trop de retentissements sur la vie quotidienne
Pour préparer ces 4es Etats Généraux de l’Asthme, l’Association Asthme a réalisé un sondage auprès de 2 000 asthmatiques pour connaître leur point de vue sur la qualité de vie. Pour la moitié des personnes interrogées, l’asthme constitue un handicap important dans leur vie quotidienne, perturbant souvent le sommeil (44 %), engendrant une fatigue générale et les empêchant souvent de pratiquer des activités comme le bricolage ou le sport.

D’une manière générale, l’asthme a des retentissements sur le moral : 66 % des asthmatiques se disent " contrariés" lorsqu’ils sont essoufflés et s’inquiètent souvent à l’idée de déclencher une crise. De ce fait, bon nombre d’entre eux se limitent dans leur vie quotidienne et se sentent vulnérables.

Les répercussions dans le domaine du travail sont également importantes puisque 30 à 50 % estiment être obligés de changer leur façon de travailler à cause de leur asthme.

Par ailleurs, l’amélioration de la qualité de vie passe, pour la quasi-unanimité des répondants (95 %), par la prise de médicaments qui soulagent et traitent. Toutefois, les asthmatiques sont encore nombreux à redouter les effets néfastes des médicaments au long cours.

Pour 15 % des asthmatiques interrogés, la qualité de vie
– autrement dit une " vie normale " – consiste à " pouvoir respirer normalement ". Certains mettent en avant la possibilité de pouvoir pratiquer une activité sportive, de dormir correctement, de ne pas se sentir fatigué au réveil, de pouvoir monter les escaliers sans être essoufflé et de ne pas être constamment obligé de se limiter.

En conclusion, une vie normale consisterait pour l’asthmatique à ne pas vivre en permanence soit en se limitant dans ses activités quotidiennes, soit en y renonçant ou en ayant peur.

La qualité de vie au centre de la consultation
Les médecins, quant à eux, s’intéressent de très près au point de vue des patients sur la qualité de vie, car ils ont conscience qu’il ne leur suffit pas de donner des médicaments, mais qu’ils doivent aussi être à l’écoute des aspirations des asthmatiques en matière de vie quotidienne. Cela signifie qu’ils ne doivent pas se contenter d’évaluer la bonne santé à travers des mesures respiratoires et prescrire des médicaments, mais qu’ils doivent aussi pouvoir en discuter de la manière la plus humaine possible. Les médecins utilisent de plus en plus des " questionnaires de qualité de vie " qui leur permettent de mieux savoir ce qu’attendent leurs patients.

Enfin, l’amélioration de la qualité de vie de l’asthmatique est aussi un enjeu économique car, lorsque l’on améliore la santé d’un individu, on diminue en même temps le recours aux soins, les journées d’hospitalisation, les consultations chez le médecin, ce qui participe à une meilleure gestion des ressources collectives destinées à la santé.

Au cours des 4es Etats Généraux de l’Asthme, les ateliers thématiques ont repris les sujets qui préoccupent le plus souvent les asthmatiques : comment gérer le stress face à la crise, l’asthme à l’école, asthme et psychologie, les orientations professionnelles pour les asthmatiques, les cures thermales, etc. Un certain nombre d’animations sur le thème du sport et de la qualité de vie de l’asthmatique ont permis aux jeunes et aux moins jeunes de s’essayer à des disciplines comme l’escalade sous le contrôle de moniteurs diplômés.

Côté stands, plusieurs fabricants présentaient des produits destinés aux allergiques : housses pour matelas, produits anti-acariens..., et les laboratoires pharmaceutiques, partenaires de l’Association Asthme, présentaient leurs documents d’information et d’éducation.

M.C. B.

Un résumé des ateliers des 4es Etats Généraux de l’asthme figurera dans les prochains numéros d’Asthme Infos.


Dix enfants à la " Brèche de Roland ""

Du 21 au 22 juin, l’Association Asthme Pyrénées a remporté le pari d’amener dix enfants à la " Brèche de Roland " sous la houlette de Philippe Dintrans, son vice-président, ancien Capitaine de l’Equipe de France de Rugby et asthmatique lui-même.

Soutenus par le conseil général des Hautes-Pyrénées, cette initiative a remporté un vif succès, démontrant une fois de plus que l’asthmatique, s’il est bien soigné, peut mener une vie tout à fait normale. Cette expédition montagnarde a été possible grâce à la participation très active des CRS de haute montagne de Gavarnie et l’équipe pneumologique de l’hôpital de Tarbes.

M.C. B.


Médaille de Bronze à Durban

Joseph Bouillon, asthmatique de 77 ans, a gravi les marches du podium de Durban en Afrique du Sud devant 40 000 spectateurs admiratifs, après avoir remporté successivement deux épreuves de marche athlétique lors des Championnats du Monde d’Athlétisme dans la catégorie Vétérans.

Cet exploit n’est pas le premier inscrit à son palmarès puisque, l’an dernier, Joseph Bouillon s’était déjà illustré dans la même discipline à Buffalo (New York).

L’exploit ne tient pas qu’au fait d’avoir vaincu son asthme : le défi consistait aussi à surmonter la chaleur accablante de la région alors que notre champion se relevait d’une hospitalisation pour opération de l’appendicite moins d’un mois auparavant !

L’Association Asthme et tous les lecteurs d’Asthme Infos sont particulièrement heureux de présenter leurs félicitations à ce " jeune homme " qui atteste qu’on peut être asthmatique et champion de 7 à 77 ans !
M.C. B.


Journée Parisienne d’Immuno-Allergologie Infantile

Pour la 25e année consécutive, cette journée réservée aux professionnels de santé se tiendra à Paris le 22 novembre prochain. Organisée sous l’égide d’un des spécialistes de l’asthme de l’enfant, le Professeur Pierre Scheinmann, cette rencontre dressera le bilan des avancées les plus récentes, permettant ainsi de faire considérablement progresser l’information sur la recherche en matière d’asthme et d’allergie.

M.C. B


Naissance d’Asthme Anjou

Nous souhaitons la bienvenue à l’Association Asthme Anjou, qui vient d’être créée à Cholet par Madame Dominique Charles, sa Présidente, Mme Sylvie Vatre, Vice-Présidente, Monsieur Jean-Paul Robichon, Secrétaire et Madame Anne-Marie Gayet, Trésorière.

Nous vous ferons part des activités d’Asthme Anjou dans les prochains numéros d’Asthme Infos, mais vous pouvez d’ores et déjà entrer en contact avec les responsables. n

A.A.A. Association Asthme Anjou :
72, rue de la Girardière, 49300 Cholet
Tél/Fax : 02 41 65 49 52


Antennes lo-corégionales
de l’Association Asthme

Le nombre d’antennes loco-régionales de l’Association Asthme s’accroît régulièrement. Les réunions organisées pour permettre aux asthmatiques de se rencontrer et d’échanger leurs expériences, ainsi que les actions destinées à faire connaître l’asthme rencontrent un succès grandissant.

Si vous souhaitez connaître les coordonnées de l’Association Asthme la plus proche de chez vous, n’hésitez-pas à nous contacter et visitez le site des écoles de l'asthme et des associations


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à renvoyer sous enveloppe affranchie à :

Association Asthme,
3 rue Hamelin 75116 Paris France


L’Association Asthme
L’Association Asthme est régie selon la Loi 1901.

Elle est composée d’un Conseil d’Administration comprenant :
Pr François-Bernard MICHEL (Président), Pr Pierre DUROUX (Vice-Président)
Pr Jean-Louis RACINEUX (Trésorier), Dr Jean-Claude PUJET (Secrétaire Général)
Dr Anne PRUD’HOMME, Pr Pierre SCHEINMANN et Pr Michel AUBIER,
Pr François BONNAUD, Dr Frédéric DE BLAY, Pr Guy DUTAU, Pr Alain GRIMFELD,
Dr Françoise NEUKIRCH, Dr Patrick RUFIN, Dr Marc SAPENE, Pr Daniel VERVLOET,

Les personnes en assurant le fonctionnement permanent sont :
Christine ROLLAND (Directrice), Marie-Caroline BOULET (Responsable communication),
Association Asthme : 3 rue Hamelin, 75116 Paris.
Impression Berger Levrault - Toul. / ISSN : 1240-2087


Le journal Asthme-Infos est disponible sur abonnement au prix de 60 FF/an pour 6 numéros.

 

dessin : F. Puig Rosado
   

L'ASSOCIATION ASTHME
remercie ses partenaires :

Glaxo-Wellcome, Boehringer Ingelheim, Ciba-Geigy,
Rhône-Poulenc Rorer, 3M Santé, Stallergènes,
Zeneca et
la Société Mediflux

qui soutiennent ses actions. Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez écrire au siège de l'Association ou envoyer un courrier électronique à :
Christine Rolland 3 rue Hamelin      75116 PARIS     France
tél. (33) 01 47 55 03 56     Fax (33) 01 44 05 91 06

Fiches d'information disponibles sur Asmanet

  1. Qu'est-ce que l'asthme ?
  2. Inhalateurs et Asthme
  3. La mesure du débit expiratoire de pointe
    Voyages, Vacances et Asthme
    Le rhume des foins
    Bronchodilatateurs et Asthme
    L'Asthme à l'école : un guide pour les enseignants.
    L'Asthme chronique
    Allergie et Asthme
    Corticoïdes (dérivés de la cortisone) et Asthme
    Comment soigner l'Asthme ?

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Date de création: 5 Janvier 1997-Dernière mise à jour: 08/11/99
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